Dom Guéranger, l’admirable abbé de Solesmes, restaurateur de la vie bénédictine en France et illustre liturge, a trouvé l’origine de la fête de la Toussaint au début du VIIe siècle, quand le pape Boniface IV fit transférer les reliques des martyrs des premiers siècles, des catacombes où elles reposaient depuis les persécutions, jusqu’au Panthéon, cet ancien temple païen dédié aux idoles, que le même pontife avait convertit et consacré au culte du Dieu unique, vivant et vrai, et dédicacé à la Très-Sainte-Vierge sous le vocable de « Sainte-Marie-aux-martyrs ». En l’an de grâce 609, en effet, voilà que le successeur de Pierre fit exhumer les ossements anonymes de ceux, innombrables, qui avaient été mis à mort en haine du Christ par les puissants de ce monde, et, après une marche triomphale, les éleva à la gloire des saints autels. Comment ne pas voir dans cette histoire venue du fond des âges une similitude avec le merveilleux spectacle offert à nos yeux il y a à peine plus d’un mois...
La loi donnée par Dieu aux hommes par l’intermédiaire de Moïse comprenait de nombreux préceptes, nous l’avons lu dans la première lecture. Point culminant de ces règles de conduite : les dix commandements, gravés dans la pierre par le feu et le tonnerre du Sinaï. Mais alors, pourquoi Jésus, dans l’évangile que nous avons entendu, n’en mentionne-t-il que deux ? C’est que les dix commandements peuvent être regroupés en deux catégories. La première concerne notre rapport à Dieu : ce sont les trois premiers commandements : n’adorer que Dieu – et non le chocolat, la pétanque ou la voile, que l’on peut aimer à l’extrême, toutefois – toujours respecter le nom de Dieu, toujours sanctifier, c’est-à-dire réserver, mettre à part, le jour que le Seigneur veut que nous lui consacrions. Ce sont ces trois commandements que Jésus résume en un seul : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». La seconde partie des Dix commandements concerne, quant...