Voilà que nous relisons ce dimanche la parabole bien connue des ouvriers de la dernière heure et, chaque fois que nous nous remémorons ce récit, et ce dimanche encore, nous sommes doublement touchés. Touchés une première fois, sans doute, d’une certaine sympathie pour les ouvriers de la première heure, qui s’attendaient à ce que la mansuétude du maître du domaine s’étende jusqu’à eux ; voilà que nous comprenons leur déception. Et puis nous sommes également touchés, dans un second temps, par la leçon que fait le maître à ses serviteurs : en donnant autant aux ouvriers embauchés en dernier autant qu’à ceux de la première heure, il ne commet pas d’injustice, mais manifeste sa bonté ; en donnant beaucoup à ceux qui méritent sans doute moins selon notre logique, il manifeste sa liberté. Le bon maître aime véritablement, donc librement, et c’est pourquoi il peut choisir d’accorder ses largesses comme il le souhaite. Dieu fait de même envers nous : il donne des grâces diverses aux uns et...
La relation que nous avons avec Dieu est souvent faite d’allers et retours : dans le cours de notre vie, voilà que tel évènement nous approche ou nous éloigne de l’amitié avec le Seigneur. Les compagnons de Jésus eux-mêmes connurent de telles vicissitudes : voilà que saint Pierre, le plus hardi des apôtres, lui qui n’hésite jamais à proclamer sa fidélité, se révolte contre les projets du Christ : « En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir, souffrir beaucoup, et être tué ». « Cela ne t’arrivera pas ! », s’écrie saint Pierre, pour qui cette perspective inspirait le dégoût. Et nous-mêmes éprouvons aussi parfois ce décalage entre l’amour que nous avons pour la personne du Christ, qui nous a saisi par la prédication de l’évangile, et le rebut pour les chemins sur lesquels il nous conduit. Cette contradiction trouve cependant une résolution dans l’approfondissement du mystère de la Croix, et c’est ce sur quoi les lectures que nous venons d’entend...