Comment ne pas être sensible, ce matin, tandis que s’approche l’heure du déjeuner, au menu déroulé devant nos yeux par le prophète Isaïe dans la première lecture : « Le Seigneur préparera pour tous les peuples un festin de viandes succulentes et de vin décanté » ? La perspective d’un bon repas réjouit généralement les convives à tel point qu’ils ont hâte de passer à table, spécialement lorsqu’ils « souffrent de la faim », comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture. Mais voilà une chose étrange : il y a des gens qui se satisfont d’être invités au festin, et dédaignent ensuite de s’y rendre : c’est précisément d’eux que parle notre Seigneur dans l’évangile, pour désigner en parabole les premiers convives au festin du Dieu de l’univers, dépositaires de l’Alliance et des promesses faites à Abraham, mais qui ne répondirent finalement pas à l’invitation. À travers eux, c’est aussi nous, cependant, que le Christ met en garde, et c’est ce sur quoi nous voudrions méditer ce matin. Le...
Étonnantes paroles, que celles que nous venons d’entendre ! « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu », dit le Christ aux grands prêtres et aux anciens. Comment le comprendre ? Les publicains étaient des travailleurs privés, chargés notamment par l’administration impériale de la collecte des taxes. Autant dire qu’ils n’étaient pas très appréciés par la population des diverses provinces de l’empire… Voilà pourtant que notre Seigneur les fait passer, eux et les prostituées, c’est-à-dire les deux catégories de personnes les plus honnies de la société, avant ceux qui sont présentés généralement comme des modèles : les grands prêtres et les anciens : les sages, les experts, les sachants ; en tous cas : ceux qui écoutent depuis longtemps la parole de Dieu. Enfin, plus précisément : le Sauveur ne loue pas ce qu’ils ont fait par le passé, et qui les a conduits dans leur état actuel, mais plutôt ce qu’ils ont fait il y a peu : voilà qu’ils se sont, eux aus...