En commentant les textes offerts à notre méditation dimanche dernier, nous étions arrivés à la conclusion que la discipline du corps, que nous sommes invités à pratiquer pendant le carême, n’est pas une fin en elle-même. La pénitence, en effet, ne consiste pas seulement à s’arracher au confort que l’on a tendance à installer autour de soi, pour ensuite pouvoir jouir d’une certaine fierté ascétique ; la pénitence est ordonnée à la conversion du cœur et de l’esprit, ce que les lectures des messes de férie pendant la première semaine de carême, qui vient de s’écouler, nous ont aussi aidé à comprendre. « L’homme ne se nourrit pas seulement de pain – disait Jésus au désert, citant le livre du Deutéronome – mais encore de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Ainsi, les exercices de la sainte quarantaine, déjà bien entamée, doivent nécessairement comporter une plus grande attention donnée à la méditation de la Parole de Dieu, et plus généralement à la formation chrétienne, ...
Le récit de la Genèse que nous venons d’entendre – c’était la première lecture – replace sous nos yeux l’histoire bien connue du péché originel. Bien connue, certes, mais pas toujours bien comprise, et il est certainement bon d’y revenir un peu ce dimanche. « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière tirée du sol », dit l’écrivain sacré. Le corps humain n’est pas directement formé à partir du néant, mais à partir d’une matière déjà créée, et commune aux autres créatures. L’Écriture sainte mentionne la « poussière du sol », et la liturgie des Cendres, célébrée mercredi, nous l’a rappelé. Ce qui rend l’être humain unique, en revanche ; ce que Dieu lui donne et qui le distingue des autres créatures, c’est le souffle de vie qu’il insuffle directement en lui, sans médiation : « Le Seigneur insuffla dans les narines de l’homme le souffle de vie, et l’homme [cessa d’être inerte, il] devint un être vivant ». Ce qu’il y a en nous de plus proche avec notre Créateur et Sauveur, c’...