La liturgie de la sainte nuit de Pâques, que l’aménagement de l’espace sacré rend encore présente à nos yeux, nous éblouit toujours ce matin, comme si la splendeur de la résurrection du Christ, qui a irradié l’obscurité du monde cette nuit, faisait encore pâlir le jour. Le jour brille, en effet, mais ce n’est pourtant pas la lumière du soleil qui nous éclaire ce matin : c’est la lumière de ce grand cierge, symbole du Christ ressuscité, qui s’est dressé cette nuit, qui s’est levé ; lui qui était couché, blanc et raide comme un cadavre, le voici dressé et ardent, revenu à la vie ; la cire froide prenant des couleurs, et s’amollissant sous l’effet de la chaleur, comme nos cœurs froids se dilatent et se fondent, sous l’effet du feu de la charité. Le soleil, certes, est bien là, lui aussi ! Toute la nature s’était affligée du spectacle lamentable auquel nous avons assisté vendredi, comme nous l’avions lu dans le récit de la Passion ; mais c’est oublié. Voilà que la nature se pâme pour ...
Quel contraste saisissant il y a, entre les deux tableaux offerts à notre méditation ce dimanche : celui de l’entrée triomphale du Christ dans Jérusalem et celui de sa Passion : de sa mise à mort ignominieuse et de son ensevelissement. Entre la clameur de louanges qui s’élève de la foule en premier lieu, et les vociférations et les blasphèmes ensuite. Quel contraste entre les branches jetées sur le sol pour acclamer celui que le peuple voulait faire roi et l’arbre planté en terre pour qu’il y soit cloué, avec l’inscription de sa condamnation : « le roi des juifs ». Quel contraste entre les vêtements offerts, d’une part, pour couvrir de gloire Celui devant qui les séraphins eux-mêmes se couvrent la face de leurs ailes et, d’autre part, sa propre tunique qu’on lui arrache pour le dépouiller, alors que l’orbe du monde repose dans le creux de sa main. Quel contraste, entre la multitude de ceux qui marchent à la suite du Christ quand tout va bien, et les rares fidèles présents sur le c...