La messe de ce dimanche s’ouvre comme un drame : « Rends-moi justice, ô mon Dieu, défends ma cause contre un peuple sans foi ; de l’homme qui ruse et trahit, libère-moi » – c’était l’antienne d’ouverture, tirée du psaume 42. Autrefois, la messe commençait tous les jours par ce psaume, que le prêtre célébrant récitait alternativement avec le servant d’autel ou avec l’assemblée : « Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta ; ab hómine iníquo et dolóso érue me » – ça rappellera peut-être quelque chose à certains ! C’est effectivement un drame qui se met en place dans le temps de la Passion, qui s’ouvre ce dimanche, comme chaque jour à la messe : mystère d’un Dieu mis à mort pour le salut du monde. La résurrection est, certes, le thème central des textes de ce dimanche, mais il y a une différence entre la résurrection dont il est question maintenant, et la résurrection de Pâques, qu’il nous faut encore attendre un peu : il faut d’abord, en effet, que nous parcourion...
En commentant les textes offerts à notre méditation dimanche dernier, nous étions arrivés à la conclusion que la discipline du corps, que nous sommes invités à pratiquer pendant le carême, n’est pas une fin en elle-même. La pénitence, en effet, ne consiste pas seulement à s’arracher au confort que l’on a tendance à installer autour de soi, pour ensuite pouvoir jouir d’une certaine fierté ascétique ; la pénitence est ordonnée à la conversion du cœur et de l’esprit, ce que les lectures des messes de férie pendant la première semaine de carême, qui vient de s’écouler, nous ont aussi aidé à comprendre. « L’homme ne se nourrit pas seulement de pain – disait Jésus au désert, citant le livre du Deutéronome – mais encore de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Ainsi, les exercices de la sainte quarantaine, déjà bien entamée, doivent nécessairement comporter une plus grande attention donnée à la méditation de la Parole de Dieu, et plus généralement à la formation chrétienne, ...