Quel contraste saisissant il y a, entre les deux tableaux offerts à notre méditation ce dimanche : celui de l’entrée triomphale du Christ dans Jérusalem et celui de sa Passion : de sa mise à mort ignominieuse et de son ensevelissement. Entre la clameur de louanges qui s’élève de la foule en premier lieu, et les vociférations et les blasphèmes ensuite. Quel contraste entre les branches jetées sur le sol pour acclamer celui que le peuple voulait faire roi et l’arbre planté en terre pour qu’il y soit cloué, avec l’inscription de sa condamnation : « le roi des juifs ». Quel contraste entre les vêtements offerts, d’une part, pour couvrir de gloire Celui devant qui les séraphins eux-mêmes se couvrent la face de leurs ailes et, d’autre part, sa propre tunique qu’on lui arrache pour le dépouiller, alors que l’orbe du monde repose dans le creux de sa main. Quel contraste, entre la multitude de ceux qui marchent à la suite du Christ quand tout va bien, et les rares fidèles présents sur le c...
Homélie pour le dimanche de la Passion : « Judica me, Deus, et discerne causam meam de gente non sancta ! »
La messe de ce dimanche s’ouvre comme un drame : « Rends-moi justice, ô mon Dieu, défends ma cause contre un peuple sans foi ; de l’homme qui ruse et trahit, libère-moi » – c’était l’antienne d’ouverture, tirée du psaume 42. Autrefois, la messe commençait tous les jours par ce psaume, que le prêtre célébrant récitait alternativement avec le servant d’autel ou avec l’assemblée : « Júdica me, Deus, et discérne causam meam de gente non sancta ; ab hómine iníquo et dolóso érue me » – ça rappellera peut-être quelque chose à certains ! C’est effectivement un drame qui se met en place dans le temps de la Passion, qui s’ouvre ce dimanche, comme chaque jour à la messe : mystère d’un Dieu mis à mort pour le salut du monde. La résurrection est, certes, le thème central des textes de ce dimanche, mais il y a une différence entre la résurrection dont il est question maintenant, et la résurrection de Pâques, qu’il nous faut encore attendre un peu : il faut d’abord, en effet, que nous parcourion...