Sur la porte du tabernacle du maître-autel, là où est conservé le Saint-sacrement, se trouve un bas-relief représentant le Christ, portant sur les épaules une brebis ; référence directe à la parabole de la brebis perdue et retrouvée, mais aussi au passage de l’évangile que nous venons d’entendre : Jésus est le bon Pasteur, qui ramène ses brebis au bercail du Paradis. Les brebis, c’est nous, et cela fait notre joie : joie que chante le psalmiste et dont nous avons fait nôtres les paroles : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ». Mais il est paradoxal de se réjouir de cela, alors que l’on considère généralement qu’il n’y a pas d’honneur à être des moutons, c’est-à-dire à suivre la masse sans réfléchir. Mais c’est qu’il y a, voyez-vous, une différence radicale entre les brebis du Seigneur et les moutons de Panurge, et c’est sur cette différence que nous voudrions méditer quelques instants ce dimanche. Dans le récit rabelaisien, en effet, Panurge, par malice, avait saisi...
Homélie pour le 3e dimanche de Pâques (A) : « Que notre cœur devienne brûlant tandis que tu nous parles ! »
Alors que nous venons d’entendre le merveilleux récit de l’apparition de Jésus aux disciples, sur le chemin d’Emmaüs, il peut nous revenir en mémoire le récit de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux ; deux récits que tout semble opposer. Le Christ, alors, était entré dans Jérusalem entouré par une foule en liesse qui voulait faire de lui un roi ; Jésus, lui, savait qu’il allait à la mort. Sur le chemin d’Emmaüs, au sortir de Jérusalem, cette fois, le voilà qui marche seul, incognito, alors qu’il est victorieux et va vers la gloire éternelle. Deux récits qui semblent donc en tous points différents à l’exception d’un seul : Jésus n’est jamais celui qu’on attend spontanément, et c’est normal car toute la vie chrétienne consiste à progresser dans la connaissance de sa personne. C’est pourquoi il nous surprend toujours. Et cette surprise peut avoir deux effets chez les disciples de Jésus, qui sont, eux aussi, de deux sortes. Il y a tout d’abord les disciples qu...