Alors que nous venons d’entendre le merveilleux récit de l’apparition de Jésus aux disciples, sur le chemin d’Emmaüs, il peut nous revenir en mémoire le récit de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem, le jour des Rameaux ; deux récits que tout semble opposer. Le Christ, alors, était entré dans Jérusalem entouré par une foule en liesse qui voulait faire de lui un roi ; Jésus, lui, savait qu’il allait à la mort. Sur le chemin d’Emmaüs, au sortir de Jérusalem, cette fois, le voilà qui marche seul, incognito, alors qu’il est victorieux et va vers la gloire éternelle. Deux récits qui semblent donc en tous points différents à l’exception d’un seul : Jésus n’est jamais celui qu’on attend spontanément, et c’est normal car toute la vie chrétienne consiste à progresser dans la connaissance de sa personne. C’est pourquoi il nous surprend toujours. Et cette surprise peut avoir deux effets chez les disciples de Jésus, qui sont, eux aussi, de deux sortes. Il y a tout d’abord les disciples qu...
La liturgie de la sainte nuit de Pâques, que l’aménagement de l’espace sacré rend encore présente à nos yeux, nous éblouit toujours ce matin, comme si la splendeur de la résurrection du Christ, qui a irradié l’obscurité du monde cette nuit, faisait encore pâlir le jour. Le jour brille, en effet, mais ce n’est pourtant pas la lumière du soleil qui nous éclaire ce matin : c’est la lumière de ce grand cierge, symbole du Christ ressuscité, qui s’est dressé cette nuit, qui s’est levé ; lui qui était couché, blanc et raide comme un cadavre, le voici dressé et ardent, revenu à la vie ; la cire froide prenant des couleurs, et s’amollissant sous l’effet de la chaleur, comme nos cœurs froids se dilatent et se fondent, sous l’effet du feu de la charité. Le soleil, certes, est bien là, lui aussi ! Toute la nature s’était affligée du spectacle lamentable auquel nous avons assisté vendredi, comme nous l’avions lu dans le récit de la Passion ; mais c’est oublié. Voilà que la nature se pâme pour ...