Dans l’évangile que nous venons d’entendre, notre Seigneur prépare ses disciples à deux choses. Il les prépare, tout d’abord, à être séparés de lui : de façon immédiate, d’une part, par la Passion, puisque ce discours que tient le Christ prend place lors de la dernière Cène et, de façon plus éloignée, d’autre part, par sa montée au ciel, quarante jours après sa résurrection. Et cette deuxième façon résonne en nous particulièrement ce dimanche, alors que nous nous apprêtons à célébrer, jeudi, la grande fête de l’Ascension. « Si vous m’aimez – dit le Sauveur – vous garderez mes commandements » ; ces mots sonnent clairement comme des adieux, mais également comme quelque chose qui demeure, comme si le Christ disait que ceux qui garderont ses commandements ne seront pas vraiment séparés de lui, qu’ils aiment, car ils resteront unis par l’amour, par la charité. Le testament, c’est l’ultime parole que laisse celui qui part, afin que l’on garde quelque chose de lui. Et ces paroles sont pr...
Il y a quelques semaines, un comédien très connu donnait un entretien, au cours duquel il déclara la chose suivante : « si là, maintenant, je voyais Victor Hugo, Molière, ou tel autre devant moi, je mourrais » ; « si je voyais ces auteurs immenses face à face, j’en mourrais ». Formule étonnante ! Provocatrice, certes, et pourtant pleine de sens : notre vie, en effet, est marquée par le devenir, elle est d’une façon ou d’une autre un cheminement, ne serait-ce que sur le plan strictement biologique : nous passons de l’enfance à l’âge adulte, puis à la vieillesse. Quand ce vers quoi l’on tend semble atteint, la vie n’a plus aucun sens : elle cesse, simplement. Et nous savons, nous, chrétiens, que nous ne sommes pas faits pour ce monde mais pour le ciel, que c’est là que convergent tous nos espoirs, c’est là que se trouve notre aboutissement, et c’est pourquoi la vie doit être préservée de son début à sa fin naturelle. Mais qui n’a pas d’espérance, qui n’a pas cette vertu théologale p...