À l’origine de toute philosophie, dit Aristote, il y a l’étonnement. La réflexion commence toujours par un questionnement et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce passage de l’évangile, que nous venons d’entendre, est pour le moins surprenant. Voilà qu’une femme vient confier la détresse de sa fille au Seigneur et, à première vue, elle semble se faire recevoir plutôt grossièrement. Cette surprise, qui est la nôtre en lisant le texte sacré, a donc de quoi nourrir notre réflexion. Un regard trop entier verrait, dans le passage de l’évangile que nous venons d’entendre, une occasion de révolte : le ton qu’emploie le Christ pour s’adresser à la Cananéenne, en effet, semble faire fi de la politesse la plus élémentaire. Comment alors considérer que ce texte soit propre à susciter l’adhésion au message qu’il porte ? Le rationaliste voit là un manque de crédibilité irrémédiable au texte qu’il ausculte ; le voilà qui se proclame aussitôt athée ou agnostique : si Dieu existait, vraime...
Quelle figure paradoxale que celle de la sainte Vierge Marie : figure majeure du mystère de notre Rédemption, et pourtant si discrète dans l’Écriture sainte, qui l’évoque plus qu’elle ne la cite. Si discrète, en réalité, que l’on trouve, dans tout l’évangile, quatre paroles seulement qui lui sont attribuées. Il y a, tout d’abord, ce mystérieux dialogue avec l’archange Gabriel, le jour de l’Annonciation. Il y a ce merveilleux cantique du Magnificat, que la sainte liturgie nous fait entendre à la messe de ce jour et chanter chaque soir pour conclure l’office de vêpres. Il y a cette étonnante désolation exprimée par ses lèvres, après le pèlerinage de la sainte famille à Jérusalem, alors que le Christ resté au Temple est retrouvé. Et il y a cette formidable confiance donnée à son divin fils lors des noces de Cana. Et chacune de ces paroles nous fait pénétrer le mystère de notre salut d’une façon particulière, et c’est ce sur quoi nous voudrions méditer quelques instants. Le jour de l’...