Dans le passage de l’épître aux Romains que nous avons entendu, saint Paul semble donner un enseignement paradoxal. D’une part, il affirme à ses auditeurs que nous ne sommes plus sous l’emprise de la chair mais de l’Esprit ; comprendre : depuis notre baptême, où l’Esprit saint nous a été donné. D’autre part, saint Paul exhorte ceux à qui il s’adresse – c’est-à-dire nous aussi, sous l’inspiration de ce même Esprit – à ne plus vivre selon la chair, car cela mène à la mort, mais vivre selon l’Esprit pour obtenir la vie. D’une part nous avons été libéré de la lourdeur du péché pour pouvoir vivre dans la liberté de l’Esprit, mais d’autre part, il semble que cette liberté ne soit pas acquise et qu’il faille encore nous efforcer d’y conformer notre vie. Autrement dit : la conversion effectuée par la réception du baptême – conversion résultant d’un choix personnel ou bien d’un choix de nos parents que nous avons ensuite fait nôtre – cette conversion semble ne pas suffire mais en appeler u...
Le philosophe grec Zénon de Kition prétendait que nous avons deux oreilles mais une seule bouche parce que nous avons bien davantage à écouter qu’à parler. De fait, la vie spirituelle nous place face à un mystère, c’est-à-dire, étymologiquement, face à quelque chose qui dépasse notre entendement et qui nous laisse donc muet. Et il peut sembler y avoir un paradoxe entre le fait, d’une part, que notre esprit soit désemparé par ce qu’il lui est donné à contempler, et l’impératif qui vient du Seigneur lui-même, d’autre part, qui nous pousse à aller annoncer au monde entier l’évangile. Et c’est sur ce paradoxe apparent que nous voudrions méditer quelques instants. La première lecture, tirée du deuxième Livre des Rois, de même que l’évangile que nous avons entendus abordent un même sujet : celui de l’accueil ; accueil du prophète Élisée lors de ses allées et venues, accueil des disciples du Christ dans leurs pérégrinations. Et à l’accueil est toujours joint une récompense : « Que peut-o...