La spiritualité du temps ordinaire de l’année liturgique, c’est-à-dire ce temps durant lequel nous portons les ornements verts, qui va de l’Épiphanie au Carême, puis de la solennité de la Trinité à celle du Christ-Roi, a quelque chose de particulier : alors que les autres temps liturgiques évoquent quelque chose de la vie du Christ, le temps ordinaire évoque la vie de l’Église, le temps de la propagation de l’évangile à travers le monde entier, et celui de notre propre sanctification. C’est pourquoi, dans les lectures de la messe, pendant ce temps, nous trouvons de nombreux textes particulièrement instructifs pour le progrès de notre vie spirituelle. La première lecture, tirée du Livre des Rois, nous offre une telle leçon : voilà que Dieu s’adresse au prophète Élie à travers un murmure, le murmure d’une brise légère, à travers un bruissement presque imperceptible. Dieu révèle sa présence dans les toutes petites choses, non dans l’orage, ni dans le tremblement de la terre, contrair...
Dans le passage de l’épître aux Romains que nous avons entendu, saint Paul semble donner un enseignement paradoxal. D’une part, il affirme à ses auditeurs que nous ne sommes plus sous l’emprise de la chair mais de l’Esprit ; comprendre : depuis notre baptême, où l’Esprit saint nous a été donné. D’autre part, saint Paul exhorte ceux à qui il s’adresse – c’est-à-dire nous aussi, sous l’inspiration de ce même Esprit – à ne plus vivre selon la chair, car cela mène à la mort, mais vivre selon l’Esprit pour obtenir la vie. D’une part nous avons été libéré de la lourdeur du péché pour pouvoir vivre dans la liberté de l’Esprit, mais d’autre part, il semble que cette liberté ne soit pas acquise et qu’il faille encore nous efforcer d’y conformer notre vie. Autrement dit : la conversion effectuée par la réception du baptême – conversion résultant d’un choix personnel ou bien d’un choix de nos parents que nous avons ensuite fait nôtre – cette conversion semble ne pas suffire mais en appeler u...