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Homélie pour le 1er dimanche de Carême (A)

 Le récit de la Genèse que nous venons d’entendre – c’était la première lecture – replace sous nos yeux l’histoire bien connue du péché originel. Bien connue, certes, mais pas toujours bien comprise, et il est certainement bon d’y revenir un peu ce dimanche. « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière tirée du sol », dit l’écrivain sacré. Le corps humain n’est pas directement formé à partir du néant, mais à partir d’une matière déjà créée, et commune aux autres créatures. L’Écriture sainte mentionne la « poussière du sol », et la liturgie des Cendres, célébrée mercredi, nous l’a rappelé. Ce qui rend l’être humain unique, en revanche ; ce que Dieu lui donne et qui le distingue des autres créatures, c’est le souffle de vie qu’il insuffle directement en lui, sans médiation : « Le Seigneur insuffla dans les narines de l’homme le souffle de vie, et l’homme [cessa d’être inerte, il] devint un être vivant ». Ce qu’il y a en nous de plus proche avec notre Créateur et Sauveur, c’...
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Homélie pour le 3e dimanche "per annum" (A)

 L’un des thèmes principaux au cœur des mystères de la Nativité du Seigneur est celui de la lumière. Les différents textes offerts à notre méditation par la sainte liturgie y reviennent sans cesse à cette époque de l’année, depuis la fête de l’Immaculée conception de la très sainte Vierge Marie. Tandis que nous nous éloignons paisiblement de la crèche de Bethléem, où nous avons vu se lever la « grande lumière » dont parle le prophète Isaïe dans la première lecture, et tandis que nous cheminons désormais vers la fête de la Présentation de l’Enfant-Jésus au Temple, le 2 février, et la fin de ce cycle de l’année, les lectures de ce dimanche nous invitent encore à réfléchir sur ce thème. La lumière – nous avons eu l’occasion de le développer pendant le temps de Noël – nous éclaire, c’est-à-dire qu’elle nous permet de voir les choses, de les connaître, alors que nous marchons dans les ténèbres dont parle encore Isaïe, nous qui venons dans un monde couvert d’une double obscurité, comme l...

Homélie pour le baptême du Seigneur

 La tournure des phrases, dans l’évangile que nous venons d’entendre, est surprenante. L’évangéliste, en effet, nous dit que c’est Jésus qui s’avance vers Jean pour être baptisé ; « c’est toi qui viens à moi », dit Jean à Jésus. Pourtant, l’auteur sacré rapporte aussi cette parole de Jésus : « laisse faire », alors que – dit encore l’évangéliste – « Jean voulait l’en empêcher », mais finalement : il « le laisse faire », comme si c’était Jésus lui-même qui était l’acteur principal de la scène relatée par saint Matthieu. Comment le comprendre ? Pour saisir le rôle de Jésus ici, il faut d’abord comprendre la nature du ministère de saint Jean-Baptiste. Ce qui permet de mieux comprendre ce que sont les choses, c’est comprendre ce à quoi elles servent, ce à quoi elles sont orientées, quelle est leur finalité. Ainsi, si l’on doit expliquer ce qu’est un microphone, par exemple, tel que celui dans lequel je parle actuellement, il y a plusieurs façons de le faire : on peut dire que c’est un ...

Homélie pour la solennité de l'Épiphanie du Seigneur

 Dans la première lecture que nous avons entendue, le prophète Isaïe acclame la lumière qui est apparue dans la crèche, à Bethléem, et dont nous célébrons, en cette fête de l’Épiphanie, la levée sur le monde : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ! ». Le grand cycle des mystères de la nativité a pour thème central la lumière. Ce cycle commence avec l’Avent et la fête de l’Immaculée conception de la sainte Vierge Marie, le 8 décembre, célébrant la première victoire acquise à la lumière sur la nuée obscure du péché dont parle Isaïe, qui couvrait tous les peuples de la Terre. Ce cycle des mystères liés à la venue du Christ dans le monde s’achève le 2 février, avec la fête de la présentation de Jésus au Temple, au cours de laquelle nous lisons les paroles du vieillard Siméon : « voici que mes yeux ont vu la lumière que Dieu révèle à toutes les nations » ; dans cet esprit, il est d’usage, à l’occasion de cette fête, de b...

Homélie pour la solennité de la Nativité du Seigneur

 Alors que, cette nuit, un enfant nous est né, les textes que nous lisons parlent surtout de l’apparition d’une lumière : « Seigneur, tu as fait resplendir cette nuit très sainte des clartés de la vraie lumière », c’était la prière d’ouverture de la messe de la nuit ; « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi », exulte le prophète Isaïe. Voilà, en effet, que celui qui est lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, vient dans le monde : la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. À bien des reprises et de bien des manières, Dieu a parlé par les prophètes, jusqu’au jour où il parla aux hommes par son propre Fils, rayonnement de sa gloire et expression parfaite de son être. Jésus vient dans le monde pour nous éclairer de sa lumière, et cette lumière : c’est la foi, foi dans le fait que le monde présent n’est pas tout, mais que nous sommes invités ...

Homélie pour le 4e dimanche de l'Avent (A)

 Les lectures de ces derniers jours nous préparent de façon prochaine à la célébration de la Nativité du Seigneur par l’exposé des circonstances de son avènement. Nous lisions, la semaine dernière, la généalogie de Jésus-Christ depuis les patriarches, puis nous avons reçu la promesse de l’apparition du dernier et du plus grand des prophètes : Jean-Baptiste. Enfin, nous avons reçu l’annonce de la naissance du Messie tant attendu, dont l’avènement est désormais tout proche. L’évangile que nous venons d’entendre place, en effet, sous notre regard, la figure de saint Joseph et nous fait partager ses sentiments face à l’annonce de la conception miraculeuse de Jésus. Voilà que le père putatif du Seigneur entre en songe. Le pape François  faisait remarquer qu’il y a, à travers ce songe, une allégorie de notre vie spirituelle, de la façon dont nous envisageons les évènements et les défis majeurs qui se présentent à chacun de nous, à la lumière de la foi. Le songe ressemble au rêve dan...

Homélie pour le 1er dimanche de l'Avent (A) : « Venez, montons à la montagne du Seigneur ! »

 Nous avons eu la grâce d’accueillir dans notre paroisse, la semaine dernière, la cérémonie au cours de laquelle une trentaine de jeunes de notre doyenné ont reçu l’onction de la confirmation. Un des effets de cette onction sainte est que leur âme est désormais marquée d’un caractère spécifique : celui d’être un chrétien accompli, un chrétien adulte, dont la grâce du baptême, jusqu’alors en germe, s’épanouit désormais pleinement et rayonne au-delà de leur personne pour participer pleinement à l’édification de l’Église. Tandis que ces jeunes se préparaient à la confirmation, tandis que se préparent également une bonne cinquantaine d’adultes de nos deux paroisses qui leur emboîteront le pas pour recevoir, eux aussi, à la Pentecôte, par l’onction du saint chrême et le signe de la croix, la marque du Don de l’Esprit saint, une remarque revenait et revient souvent : celle qui consiste à douter d’être prêt à recevoir cette grâce avec, en arrière-plan, la crainte de ne pas profiter pleine...

Homélie pour le 33e dimanche "per annum" (C)

 Ce dimanche-là, comme les fidèles de Solliès-Pont parlaient des marbres splendides qui ornent le chœur de leur église, comme les fidèles de Solliès-Toucas parlaient des belles pierres apparentes qui ornent leur église toute neuve, et des ex-voto qui bientôt retrouveront leur place sur les murs, Jésus leur déclara que ce qu’ils contemplaient, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre, et où tout sera détruit. Voilà que nous nous donnons tant de peine pour édifier et entretenir cette maison afin d’en faire un temple à la gloire de Dieu, et que le christ nous annonce que cet édifice doit disparaitre. Est-ce alors en vain que nous œuvrons ? Et bien non, ce n’est pas en vain, mais c’est quelque chose de plus grand que nous édifions, et c’est l’enseignement de l’évangile de ce dimanche. En cette fin d’année, la liturgie nous offre souvent l’occasion de méditer sur ce que sont les lieux saints, avec les fêtes des dédicaces : dédicace de nos églises, dédicace de la cath...

Homélie pour la dédicace de la basilique du Latran

 Nous célébrons ce dimanche l’anniversaire de la dédicace de l’archibasilique du Latran, à Rome, placée sous le vocable du Très-Saint-Sauveur et aussi des saints Jean-Baptiste et Jean l’évangéliste ; et il peut être bon de nous demander ce matin ce qu’a cette église de si particulier, qui fait que l’Église universelle en célèbre ce dimanche la dédicace, car – que je sache – les romains, eux, ne célèbrent pas, le 23 décembre, la dédicace de l’église Saint-Jean-Baptiste de Solliès-Pont. Sur le fronton de la façade orientale de la basilique, sous le titre de sa dédicace, est indiquée la mention suivante : « omium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput – de toutes les églises de la ville (de Rome) et du monde, la mère et la tête ». La basilique du Latran, en effet, se présente comme la première église du monde en dignité, et elle l’est réellement à deux titres. Par l’âge, tout d’abord, car c’est à son emplacement que, dès la fin de la persécution des chrétiens par l’empire romain, a...

Homélie pour le 29e dimanche "per annum" (C) : « Nous existons pour Dieu ! »

 À la source de tout raisonnement, il y a une interrogation primordiale : une question qui nous empêche de dormir. La question qui est offerte ce dimanche à notre méditation nous est posée par le psalmiste : « Je lève les yeux vers les montagnes, d’où le secours me viendra-t-il ? ». Ces montagnes, ce sont les difficultés qui nous entourent, et qui passent parfois pour des barrières infranchissables. En les regardant, en levant les yeux vers elles car elles semblent nous dépasser et excéder nos forces, notre cœur découragé se fait alors l’écho de cette plainte : « d’où le secours me viendra-t-il ? ». Le psalmiste apporte immédiatement la réponse : « le secours me viendra du Seigneur qui a fait et ciel et la terre ». Évidemment, nous n’attendions rien d’autre ; toute réponse différente, dans la Bible, nous aurait semblé très incongrue. Cependant, dans la réalité de notre vie quotidienne, la réponse ne semble pas toujours aller de soi ; nous préférons parfois, en effet, nous tourner v...

Homélie pour le 27e dimanche "per annum" (C)

 C’est par un appel déchirant que s’ouvrent les lectures offertes à notre méditation ce dimanche : « combien de temps, Seigneur, vais-je appeler ; combien de temps vais-je crier vers toi sans que tu entendes ? Combien de temps vais-je rester empêtré dans le mal et la misère ? ». Le prophète Habacuc, qui s’adresse ainsi à Dieu, a vécu au début du VIe siècle avant Jésus-Christ, au temps de la conquête de Jérusalem par les assyriens, puis de la déportation des juifs vers Babylone, d’où le pillage et la violence, la dispute et la discorde qui se déchaînent, selon les propres mots du prophète. Cette plainte qu’il fait monter vers Dieu pourrait toutefois aussi être la nôtre : jusqu’à quand, Seigneur, vas-tu permettre que le mal prospère dans le monde ? Combien de victoires le péché doit-il encore remporter avant que tu ne nous en délivres enfin ? Le cri que lance Habacuc vers Dieu est presque une invective, presque un blasphème, comme s’il disait au Seigneur : « bouge-toi, par pitié ! » ...

Homélie pour le 25e dimanche "per annum" (C)

 La parabole évangélique que nous venons d’entendre et que la sainte liturgie offre ce dimanche à notre méditation a quelque chose de très mystérieux. Voilà qu’un homme riche inspecte la façon dont son intendant a géré ses biens, et s’aperçoit que ce dernier a soldé une partie des dettes de ses débiteurs, pourrait-on dire, afin de s’en faire des amis. Et voilà que le patron en question – qui s’est donc fait escroquer dans l’opération – loue la ruse de son employé. On pourrait comprendre cette situation dans une certaine mesure : sans doute que le patron n’était pas complètement ravi de s’être fait dépouiller par un jeu d’écritures comptables, mais peut-être n’était-il pas non plus à ça près pour vivre confortablement, et admirer la fourberie de son gérant lui offrait une compensation acceptable : « quel bel escroc ! », se dit-il certainement. En revanche, on ne comprend pas pourquoi Jésus, dans l’évangile, nous propose, d’une certaine façon, ce gérant malhonnête comme modèle. La pa...

Homélie pour la fête de la Croix glorieuse

 Alors que nous fêtons ce dimanche la « Croix glorieuse », nous pourrions nous demander justement ce qu’il y a de glorieux dans la croix. La croix, c’est l’instrument du supplice des traîtres et des esclaves, d’une mort infâme et infâmante. Quelle gloire y a-t-il à en tirer ? Une chose peut être bonne, et a fortiori glorieuse, pour deux raisons. Par elle-même, tout d’abord, ou bien par ce à quoi elle dispose et envers quoi elle a raison de moyen. Par exemple, c’est toujours une bonne chose de prier, c’est un titre de gloire que d’être connu, fut-ce de Dieu seul, comme un homme ou une femme de prière, comme saint Rose-Philippine Duchesne, que les indiens d’Amérique appelaient : « la femme qui prie toujours ». En revanche, il n’est pas toujours bon de s’abstenir de nourriture, mais ça peut être une bonne chose si le jeûne est ordonné à autre chose de bon, par exemple à la santé comme un remède, ou à Dieu comme moyen de pénitence. C’est en ce second sens que la croix est glorieuse, co...

Homélie pour le 22e dimanche “per annum” (C) : « Mon ami, avance plus haut »

 Les textes que nous offre ce dimanche la sainte liturgie mettent l’accent sur l’humilité, ce qui n’est pas sans représenter un défi pour le prédicateur chargé de nourrir la méditation des fidèles à ce sujet. Pour parler d’une chose, il faut, en effet, commencer par la connaître ; or, on ne peut prétendre connaître l’humilité sans mentir. Celui qui le revendiquerait, qui se réclamerait d’une certaine excellence dans cette vertu en disant « ah, moi, je suis vraiment humble ! » se dédierait du même fait. Le Sage, d’ailleurs, manifeste ce paradoxe, lorsqu’il associe deux recommandations à son disciple : « mon fils – dit-il – accomplis toute chose dans l’humilité, l’idéal du sage c’est une oreille qui écoute » ; la pratique de la parole semble bien périlleuse pour l’humilité. « Qui est sensé médite », ajoute le Sage, sur le modèle de Marie, dont les paroles, dans l’évangile, sont rares, tandis qu’elle méditait et gardait dans son cœur le mystère qui se déployait autour d’elle et par el...