Il y a certainement parmi nous des gens qui sont déjà allé en pèlerinage à Rome, et sans doute ont-ils été saisis, dès leur entrée dans la basilique du Prince des apôtres, par la majesté du lieu : après avoir traversé le narthex, soulageant nos yeux écrasés par le soleil de la Ville éternelle, voilà que nous passons les grandes portes de bronze et pénétrons dans le lieu saint. Notre regard, aussitôt, est attiré par l’abside, d’où rayonne la lumière émanant d’un vitrail monumental, représentant le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, entourée de nuées, de rayons et d’anges d’or. Devant nous, à la croisée du transept, se dresse un grandiose baldaquin, de bronze lui aussi, abritant l’autel papal en marbre, à la verticale duquel, quelques mètres en dessous, se trouve la sépulture de saint Pierre. À mesure que nous avançons dans la basilique, les colonnes torsadées du baldaquin attirent notre regard vers le haut : voilà que nous découvrons peu à peu la face intérieure de la coupol...
À l’origine de toute philosophie, dit Aristote, il y a l’étonnement. La réflexion commence toujours par un questionnement et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce passage de l’évangile, que nous venons d’entendre, est pour le moins surprenant. Voilà qu’une femme vient confier la détresse de sa fille au Seigneur et, à première vue, elle semble se faire recevoir plutôt grossièrement. Cette surprise, qui est la nôtre en lisant le texte sacré, a donc de quoi nourrir notre réflexion. Un regard trop entier verrait, dans le passage de l’évangile que nous venons d’entendre, une occasion de révolte : le ton qu’emploie le Christ pour s’adresser à la Cananéenne, en effet, semble faire fi de la politesse la plus élémentaire. Comment alors considérer que ce texte soit propre à susciter l’adhésion au message qu’il porte ? Le rationaliste voit là un manque de crédibilité irrémédiable au texte qu’il ausculte ; le voilà qui se proclame aussitôt athée ou agnostique : si Dieu existait, vraime...