Il y a quelques semaines, un comédien très connu donnait un entretien, au cours duquel il déclara la chose suivante : « si là, maintenant, je voyais Victor Hugo, Molière, ou tel autre devant moi, je mourrais » ; « si je voyais ces auteurs immenses face à face, j’en mourrais ». Formule étonnante ! Provocatrice, certes, et pourtant pleine de sens : notre vie, en effet, est marquée par le devenir, elle est d’une façon ou d’une autre un cheminement, ne serait-ce que sur le plan strictement biologique : nous passons de l’enfance à l’âge adulte, puis à la vieillesse. Quand ce vers quoi l’on tend semble atteint, la vie n’a plus aucun sens : elle cesse, simplement. Et nous savons, nous, chrétiens, que nous ne sommes pas faits pour ce monde mais pour le ciel, que c’est là que convergent tous nos espoirs, c’est là que se trouve notre aboutissement, et c’est pourquoi la vie doit être préservée de son début à sa fin naturelle. Mais qui n’a pas d’espérance, qui n’a pas cette vertu théologale p...
Sur la porte du tabernacle du maître-autel, là où est conservé le Saint-sacrement, se trouve un bas-relief représentant le Christ, portant sur les épaules une brebis ; référence directe à la parabole de la brebis perdue et retrouvée, mais aussi au passage de l’évangile que nous venons d’entendre : Jésus est le bon Pasteur, qui ramène ses brebis au bercail du Paradis. Les brebis, c’est nous, et cela fait notre joie : joie que chante le psalmiste et dont nous avons fait nôtres les paroles : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ». Mais il est paradoxal de se réjouir de cela, alors que l’on considère généralement qu’il n’y a pas d’honneur à être des moutons, c’est-à-dire à suivre la masse sans réfléchir. Mais c’est qu’il y a, voyez-vous, une différence radicale entre les brebis du Seigneur et les moutons de Panurge, et c’est sur cette différence que nous voudrions méditer quelques instants ce dimanche. Dans le récit rabelaisien, en effet, Panurge, par malice, avait saisi...