Le philosophe grec Zénon de Kition prétendait que nous avons deux oreilles mais une seule bouche parce que nous avons bien davantage à écouter qu’à parler. De fait, la vie spirituelle nous place face à un mystère, c’est-à-dire, étymologiquement, face à quelque chose qui dépasse notre entendement et qui nous laisse donc muet. Et il peut sembler y avoir un paradoxe entre le fait, d’une part, que notre esprit soit désemparé par ce qu’il lui est donné à contempler, et l’impératif qui vient du Seigneur lui-même, d’autre part, qui nous pousse à aller annoncer au monde entier l’évangile. Et c’est sur ce paradoxe apparent que nous voudrions méditer quelques instants. La première lecture, tirée du deuxième Livre des Rois, de même que l’évangile que nous avons entendus abordent un même sujet : celui de l’accueil ; accueil du prophète Élisée lors de ses allées et venues, accueil des disciples du Christ dans leurs pérégrinations. Et à l’accueil est toujours joint une récompense : « Que peut-o...
Les fidèles de notre paroisse qui ont récemment suivi la préparation à la réception du sacrement de la confirmation auront certainement été surpris d’entendre le Christ, dans le passage de l’évangile que nous venons de lire, donner ce commandement à ses disciples : « soyez sans crainte ». La crainte, en effet, est un des sept dons du Saint-Esprit ; ces dons qui « complètent et mènent à leur perfection les vertus [et font] obéir avec promptitude aux inspirations divines », comme l’affirme le Catéchisme de l’Église catholique (no 1831). À y regarder plus précisément, notre Seigneur précise : « ne craignez pas les hommes […], ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr […] l’âme aussi bien que le corps ». Il semble donc qu’il y a une crainte opportune – celle qui porte sur celui qui peut faire périr l’âme et le corps – et une crainte néfaste – celle des hommes – et c’est sur cette distinction que nous nous proposons de ...