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Articles

Homélie pour le 4e dimanche de Carême (C)

 « Réjouissez-vous, rassemblez-vous et jubilez, vous qui étiez dans la tristesse ; vous exulterez et serez rassasiés de consolations ». L’antienne d’ouverture de cette messe nous invite à l’enthousiasme ! La liturgie, en ce quatrième dimanche de carême, nous fait déposer pour un temps la couleur violette et prendre le rose afin de raviver notre joie. C’est, en effet, sous le signe de la joie qu’est placé ce dimanche, dimanche de « lætare », du nom du premier mot latin de l’antienne d’ouverture : « lætare Ierusalem – réjouis-toi, Jérusalem » ; c’est donc sur la nature de cette joie qu’il convient de méditer ce dimanche. Qu’est-ce qui me réjouis ? Qu’est-ce qui me rend heureux ? Qu’est-ce qui me transporte d’enthousiasme ? Le première lecture, tirée du livre de Josué, permet de donner un premier élément de réponse. Nous voyons les hébreux, qui viennent de franchir le Jourdain et entrer dans la Terre promise, célébrer la Pâque. La Pâque, c’est le passage. La fête de la Pâque juive, c’...
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Homélie pour le 2e dimanche de Carême (C)

 Ceux d’entre nous qui ont suivi le parcours « Credo » cet hiver le savent bien : parmi tout ce que l’on peut dire au sujet d’une chose, c’est sa finalité qui permet de la mieux comprendre. C’est ainsi que nous avions abordé la question de l’identité de Jésus – qui est-il ? – et, pour y répondre, nous avions recherché sa raison d’être – pourquoi Dieu s’est-il fait homme ? Et nous avions trouvé la réponse dans cette parole de la profession de foi, que nous dirons ensemble dans quelques instants : « Jésus-Christ s’est fait homme pour notre salut ». Et l’évangéliste Matthieu précise que le nom de « Jésus », en hébreux, signifie « Dieu sauve ». Jésus est venu dans le monde pour nous sauver ; fondamentalement, il est le Sauveur. C’est ainsi que la finalité des choses éclaire leur essence. Tandis que nous cheminons en Carême depuis une dizaine de jours, il est peut-être temps de nous demander où nous allons, pour mieux comprendre ce que nous faisons. On parle beaucoup, en effet, pendant ...

Homélie pour le 1er dimanche de Carême (C)

 Chaque année, c’est la même chose. Chaque année, lorsque nous lisons ce récit de la tentation de Jésus au désert, cela me fait le même effet. « Pendant quarante jours – dit l’évangile – Jésus ne mangea rien, et après quarante jours, il eut faim ». Chaque année, je n’en reviens pas ! Une lecture un peu hâtive de ce texte par un esprit nimbé de sagesse mondaine verrait là simplement une exagération ; « C’est impossible mais rien d’étonnant pour un texte oriental de cette époque ! », pourrait-on penser ; et nous évoquerions derechef les six jours de la création du monde, l’âge des patriarches, le nombre des épouses du roi Salomon et de conclure que « heureusement, de nos jours, nous n’en sommes plus à prendre ces récits au pied de la lettre ! ». Mais en réalité, ces considérations nous feraient passer à côté d’un des grands enseignements de ce texte, qui est une véritable profession de foi christologique, qui donne à comprendre implicitement la double nature humaine et divine de Jésu...

Homélie pour le 6e dimanche "per annum"

 Malheur aux riches… Malheur à ceux qui sont repus… Malheur à ceux qui rient et à ceux de qui l’on dit du bien… Quel programme ! Ces quelques lignes de l’évangile – parole de Dieu – dont nous venons de faire la lecture, ont de quoi nous surprendre. Comment comprendre le sens de ces malédictions, qui semblent prendre le contrepoint de tout ce qui fait pourtant les petites joies de la vie, il faut bien le dire : une certaine prospérité matérielle, une bonne réputation, etc. En réalité, il faut plutôt voir là non pas tellement des malédictions, mais plutôt une grande invitation, invitation qui nous est adressée pour méditer sur ce qui doit faire la vraie joie de notre vie. On peut définir la joie comme une émotion vive et agréable – c’est du moins ainsi que la définit le dictionnaire de l’Académie française. Une émotion, c’est-à-dire – étymologiquement – quelque chose qui nous porte au mouvement, au moins intérieur. Une émotion, c’est une résonnance affective qui nous nous travaille, ...

Homélie pour le 2e dimanche "per annum" : « Faire de nous une éternelle offrande à Ta gloire »

 « Épiphanie » est un mot tiré du grec qui signifie « manifestation », nous avons eu l’occasion de méditer sur ce sujet il y a deux semaines déjà, en célébrant la venue des Mages à la crèche, saisis par la lumière du Christ. Avec les Mages, ce sont toutes les nations qui viennent adorer Jésus, comme le rappelle l’antienne d’ouverture de cette messe : « toute la terre se prosterne devant toi, Dieu très haut ». Mais la manifestation du Sauveur à notre monde ne se résume pas à la venue des Mages à la crèche, elle se déploie autour de deux autres mystères : le mystère du baptême de Jésus, que nous avons célébré la semaine dernière – lorsqu’une voix se fit entendre depuis les cieux sur lui, disant « Toi, tu es mon Fils bien-aimé » – et le mystère des noces de Cana, que nous fêtons ce dimanche. Nous lisons, en effet, à la fin de l’évangile, que Jésus « manifesta [ainsi] sa gloire, et ses disciples crurent en lui ». Avec le mystère dont nous faisons mémoire ce dimanche s’achève la geste d...

Homélie pour le saint jour de l'Épiphanie du Seigneur

 Le mot « épiphanie » est tiré du grec « ἐπιφάνεια », qui signifie « manifestation ». Ce mot est lui-même tiré du verbe « φαίνω », qui signifie dans son sens premier : « faire briller ». « Jérusalem, resplendis ! – Clame le prophète Isaïe – Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ». La lumière dont il est question, c’est celle qui a transpercé l’obscurité de la nuit de Noël, et dont parlait saint Jean dans le prologue de son évangile, que nous avons lu le jour de la Nativité : « la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ». Cette lumière, c’est le Christ lui-même, venu dans l’obscurité d’un monde blessé par le péché, afin de s’y manifester. Cette lumière, chrétiens, nous avons été invités à la contempler par les célébrations de la Nativité de Jésus, alors qu’elle nous avait déjà été donnée. La lumière du Christ, en effet, nous a été donnée au jour de notre baptême, et elle nous a été donnée de deux façons. Tout d’abord...

Homélie pour la fête de la Sainte-Famille

 L’antienne d’ouverture de la messe de ce dimanche replace sous nos yeux l’une des scènes offertes à notre méditation à Noël : « Les bergers vinrent et découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né ». Et bien entendu, à Noël, nous avons longuement contemplé cette figure de l’Enfant Jésus, couché dans la mangeoire : « Qu’il est beau, qu’il est charmant – avons-nous chanté – Ah, que ces grâces sont parfaites, qu’il est doux ce divin enfant ». La crèche qui l’entoure, ainsi que ses occupants, nous semblaient alors une évidence. Il faut dire que nous les contemplions depuis le début de l’Avent, la grande nouveauté de la nuit de Noël, c’est la venue du Fils de Dieu parmi les hommes. Toutefois, ce dimanche, les textes de la liturgie nous invitent à porter notre regard, non seulement sur l’Enfant Jésus, qui grandit en sagesse, en taille et en grâce, mais encore sur ceux qui l’entourent. Jésus ne naquit pas absolument, au milieu de rien ; il vint au monde au sein d’une famille, entouré ...